Commentaires et prières
Révèle-moi ta Parole Prière d’Augustin pour demander à Dieu l’intelligence de sa Parole
Les Confessions, livre XI, 2 (3-4)Ô Seigneur mon Dieu,
sois attentif à ma prière.
Que ta miséricorde exauce mon désir qui ne brûle pas pour moi seul,
mais pour servir à la charité fraternelle.
Dans mon cœur, tu vois qu’il en est bien ainsi.
Puissé-je t’offrir en sacrifice le service de ma pensée et de ma langue,
et donne-moi de quoi te faire mon offrande, car je suis pauvre et indigent,
tandis que tu es riche pour tous ceux qui t’invoquent.
Sans souci pour toi-même, tu prends souci de nous.
Détruis toute témérité et tout mensonge au-dedans, au-dehors, tout autour de mes lèvres.
Que tes Ecritures soient pour moi chastes délices,
sans me tromper sur elles et sans tromper par elles !
Sois attentif à ma prière,
et prends pitié de moi, ô Seigneur, ô mon Dieu,
Lumière des aveugles et Force des infirmes,
Lumière des voyants et Force des puissants.
Ecoute mon âme criant des profondeurs ;
Si tu n’es pas aux écoutes dans les profondeurs,
où irons-nous ? où crierons-nous ?
C’est à toi qu’est le jour, c’est à toi qu’est la nuit.
Sur un signe de toi, les instants prennent leur envol.
Accorde-nous de larges espaces de ce temps pour méditer sur les mystères de ta Loi.
Ne ferme pas la porte à qui vient y frapper.
Car ce n’est pas pour rien que tu laissas écrire tant de pages secrètes et mystérieuses,
Forêts, avec des cerfs se reposant en elles, y retrouvant leurs forces,
Se promenant, paissant, s’y couchant, ruminant.
Ô Seigneur,
Achève en moi ton œuvre, révèle-moi ces pages.
Voici que ta parole est ma joie, une joie bien supérieure à tout un flux de voluptés.
Donne-moi ce que j’aime.
Car j’aime ta parole – mais cela, c’est toi qui me l’as donné.
Ne va pas délaisser ce que tu as donné ;
Ne va pas mépriser ta plante qui a soif.
Je veux confesser à ta gloire tout ce que j’aurai trouvé dans tes Livres,
Je veux entendre la voix de la louange,
Je veux boire à ta source et contempler les merveilles de ta Loi,
depuis le premier jour où tu as fait le ciel et la terre,
jusqu’au règne de ta cité sainte où nous serons à jamais avec toi.
Prends pitié de moi, Seigneur,
Exauce mon désir qui ne veut, à mes yeux, ni la terre, ni l’or, ni l’argent, ni les pierres,
ni les habits de prestige, ni les honneurs, ni le pouvoir,
ni la volupté charnelle, ni ce que veut le corps dans notre vie d’ici, vie de pèlerinage.
Toutes ces choses nous sont d’ailleurs données en surcroît
si nous cherchons ton Royaume et sa justice.
Vois, Seigneur quel est l’objet de mon désir…
Vois-le, ô Père, regarde bien, vois et approuve-le.
Que je trouve grâce devant toi
Afin que s’ouvre la porte du sanctuaire de tes paroles
à laquelle je viens frapper.
Je t’en conjure, par Notre-Seigneur Jésus-Christ,
Ton fils, l’homme de ta droite,
le Fils de l’homme qui tu as établi auprès de toi comme médiateur entre toi et nous,
Lui par qui tu nous as cherchés sans que nous te cherchions,
Lui par qui tu nous as cherchés pour que nous te cherchions,
Lui, ton Verbe, par qui tu as fait tous les êtres, dont je suis.
Lui, ton Fils unique, par qui tu as appelé à l’adoption tout le peuple des croyants, dont je suis aussi ;
Par lui, je t’en conjure,
Lui qui siège à ta droite et intercède pour nous
Lui en qui sont tous les trésors de la sagesse et de la science,
ceux-là mêmes (celui-là même) que je cherche dans tes Livres